CG ftw.
@noorryan
🇲🇺 born and bred. Marxo-Sufi, 🏳️🌈🏳️⚧️ ally. Tolkien, Hugo Pratt, Dire Straits. Former journalist, teacher, copywriter and twice a foreign fighter. Now a tri-national privateer and gun runner. Heartless scoundrel who aspires to be a gentleman.
CG ftw.
Je pourrais écrire un autre thread pour en chanter les louanges. Épargne les blousquistes, sauve-les de mon lyrisme en le regardant de ton côté.
C'est les Latins ça...
Panneau "Perigo de queda de pedras" démolition par une chute de pierre.
Connard.
Ben en avant alors, allons allons.
Je ne suis pas un expert mais il me semble qu'on ne peut pas se faire passer pour des catégories protégées: personnel médical, religieux, ONG etc. Se camoufler en camion-benne ou en engin de chantier est légal autant que je sache. Le problème est qu'il crée un précédent qui incite des représailles.
Franchement, il mérite d’être revu, tu me diras après si tu es d'accord ou pas.
Tag mes cinézouzes sûrs @simonriaux.fr @olivierbenis.net @legumann.bsky.social @davesheik.com
C'est ça l'histoire de Jin Roh. Ce n'est pas l'histoire d'un groupe d'élite de badass qui pwn la police régulière avec une billard intellectuel à trois bandes. C'est l'histoire de deux êtres seuls qui se font broyer, l'une par un système corrompu, l'autre par sa tribu mafieuse et toxique.
Trahi, Fuse bascule. Il avait le choix entre penser et décider pour lui-même, et se rattacher à sa meute (qui le manipule et l'utilise comme appât, soit dit en passant), il fait le choix de la meute avec cette fin déchirante : le prix de sa loyauté est le meurtre de la femme qu'il aime.
*Handa a dirigé le contre-espionnage *pour l'occupant*, c'est un espion hyper efficace qui se met au service de la collaboration avec une puissance occupante, et puis fonde les Jin Roh; d’où est-ce que ce gars-là est un héros - si ce n'est pour les collabos et les fafs ?
C'est peut-être Henmi qui a raison alors que Fuse s’apprête à exécuter son seul "ami", Fuse, à ce moment-là, est encore humain. Quand vient la bascule ? Elle est orchestrée par Handa*, le supérieur de Fuse qui s'assure que la trahison d'Henmi comme celle de Kei parviennent aux yeux de Fuse.
L'ironie ? Elle qui s'était laissée capturer plutôt que mourir, décide de périr avec Fuse, mais sans le lui dire, lui enlevant ainsi cette agentivité dont elle a tellement faim.
Et Fuse? Une question demeure irrésolue dans Jin Roh : pourquoi est-ce que Fuse ne tire pas sur le 1er Chaperon Rouge ?
Mais à partir de là, elle est de nouveau un outil consommable. Manipulée par ses agents traitants, et obligée de trahir un homme dont elle est peut-être tombée amoureuse mais qu'elle utilisait elle-même pour tenter d'échapper à cette vie qui n'en est pas une.
Kei est la grande perdante du film. C'est une ancienne terroriste, donc radicalisée dès l'adolescence, elle a déjà renoncé une fois à sa faculté de décider en rejoignant une organisation qui allait l'envoyer à la mort pour servir des buts idéologiques. Arrêtée, elle est retournée par la police.
Et c'est pour cela que je veux me pencher sur Fuse comme sur Kei.
Fuse est seul. Kei est seule. Cette solitude qui est parfaitement transmise par la mise en scène chaloupée, douce-amère d'Okiura et la musique d'Hajime Mizoguchi. Et que cherchent ces deux personnages ?
Appartenance et agentivité.
La justice, l'état de droit, putain mais même l'amour y passe.
Le loup dans Jin Roh, et c'est montré dans les rêves de Fuse, n'est pas un animal romantique ou totémique, c'est juste une meute de tueurs sans la moindre empathie. Sans loyauté autre que celle de la meute.
C'est une organisation secrète au sein d'une police qui a vocation à protéger ses membres par tous les moyens, y compris le chantage et le meurtre... ça a existé aux heures les plus sombres de l'histoire de France (Cagoule, OAS etc.)
Dans Jin Roh, tout le monde perd à la fin :
Aucun des deux n'est légitime dans son usage de la violence. C'est assez clair dans le film. L'unité Panzer massacre au lieu d’arrêter et le sous-groupe même des Jin Roh qui piège la police est un truc hyer-flippant :
Le contexte de Jin Roh est celui d'une double radicalisation qui est clairement montrée durant la "diapo" de l'intro. Celle des mouvements de contestation qui deviennent la Secte et celle de la police qui militarise une de ses branches pour faire la "guerre" aux terroristes.
Reprenons.
Oshii, dans beaucoup de ses œuvres, déjà dans Patlabor et Ghost In The Shell, est critique de nos démocraties libérales et de leurs manque de transparence, de la corruption des élites et des mesures d'exception à l'état de droit.
Alors que non.
Juste, non.
"Loup solitaire en armure et casque allemand bute du terroriste et des flics avec MG42 et puis bute sa meuf à la fin parce que c'est trop une traîtresse, trop badass! Brrrrrttttttt"
Je ne parle même pas de l'usage d'une version archaïque du Petit Chaperon Rouge que ne renierait pas Bruno Bettelheim. L’œuvre est riche.
Mais, hélas, comme dans beaucoup de cas, ce que la plupar des spectateurs ont retenu c'est :
***SPOILER ALERT POUR TOUT LE RESTE DU THREAD***
Okiura prend le temps, dans des scènes quasi muettes et bercées de langueurs, de montrer Fuse traînant sa solitude et son PTSD lors de ses quartiers libres. Cette aptitude à saisir et à retransmettre le blues du permissionnaire orphelin m'avait non seulement saisi mais touché.
Les scènes d'action sont d'un réalisme tellurique comme on en voit jamais dans la japanimation. Mais la capacité d'Okiura à saisir son sujet à bras le corps et à lui insuffler une vie propre, apte à susciter l'empathie, est la preuve ultime de son talent. J'avais raconté une anecdote sur Twitter :
C'est l'un des tous derniers, si ce n'est le dernier, "grand" anime fait à la gouache. Autant que je l'avoue d'emblée, j'estime que c'est une œuvre quasi parfaite. Une intrigue meilleure que les meilleurs John LeCarré, une BO exquise et seyante, une animation léchée, et une polysémie foisonnante.
Sous ses dehors uchroniques, Jin Roh parle du passé réel du Japon, marqué par les terrorismes d’extrême-gauche et d'extrême-droite particulièrement violents dans les années 1970s, et de notre présent, sur les thèmes de la répression du terrorisme et la militarisation de la police.
Jin Roh, c'est l'histoire d'un jeune policier d'une unité anti-terroriste, Fuse, qui refuse de tirer sur une jeune kamikaze qui se fait alors exploser sous ses yeux. Or, cet incident arrive dans un contexte de guerre des polices et de basculement de l'opinion publique.