Calendrier éternel.
Hier : rien.
Aujourd'hui : rien.
Demain : rien.
Et toujours, l’horreur.
Calendrier éternel.
Hier : rien.
Aujourd'hui : rien.
Demain : rien.
Et toujours, l’horreur.
La vie est un mauvais roman. Les personnages sont mal cernés. On ne comprend rien au projet, on devine tout de suite la fin. Les descriptions sont interminables, les répétitions incessantes. Le rythme est laborieux, et l’auteur semble s’épuiser à mener, péniblement, le récit jusqu'à son point final.
Je peux encore creuser mes abîmes.
Cette phrase contient quatre-vingts lettres, treize espaces, un tiret, trois virgules et un point.
C'est peut-être ça, l'enfer : ne rien désirer, ne rien espérer, ne pas avoir l'énergie même de sombrer - attendre, seulement attendre : une nuit semblable à toutes les nuits, un matin semblable à tous les matins - attendre sans avoir même l'espoir que quelque chose advienne. Attendre, à en crever...
Vos horizons sont plats.
Comment pouvez-vous être si persuadés d'exister ?
J'avance sans autre but que l'horizon qui sans cesse s'éloigne. Égaré en ce monde, vagabond, météore, je me sais toujours perdu, je me sais toujours perdant. Je ne laisserai pas de trace et je n'accomplirai rien, mais un rêve me porte dans mon errance : celui, un jour, de me trouver moi-même.
En espagnol attendre se dit comme espérer, aimer comme vouloir et joie comme illusion.
Tout s’effondre, et pourtant tout reste semblable.
Je ne veux de toi rien de tu.
L’ivresse est notre transe.
Les hommes n’ont par leur volonté aucune prise sur ce qui fonde leur virilité : la qualité de leur érection. Celle-ci est liée à un charme que possèdent les femmes, et c’est la volonté féroce de contrôler ce pouvoir étrange qui explique la très concrète et très ancienne domination masculine.
Il fait un temps splendide.
Je suis de ceux qui savent l’extase immense - atroce - de la folie et si je cherche en chaque chose, en chaque instant, quelques éclats de beauté, c’est pour mieux m’ancrer par eux dans le réel.
Se livrer délivre.
Je suis de ma propre vie le parasite, le nuisible, le ravageur - le chiendent, le charançon, le rat qui ronge les récoltes - j’épuise tout amour, je brise tout espoir et ma mélancolie prospère sur le champ de ruines qu’est mon existence.
Perchés sur le mur gris, les pigeons gris se détachent sur le ciel gris.
Je suis de ceux qui ne sont rien, je suis de ceux qui ne sont pas. Être ne m’intéresse pas - rêver, peut-être.
Un café aux premiers rayons du soleil, dans le guilleri des moineaux.
Il y a dans certains instants comme un poème qui se passerait de mots.
Les premières roses percent leurs boutons.
Les pigeons font leur nid dans le vieux mur. Le chat les observe. Le printemps s’annonce, avec son lot de massacres.
Tout a déjà été dit - mais pas par moi.
Mon ailleurs est dans tes bras.
Vivre est une perte de temps.
Mes pas sur la terre gelée. Le bruit de l’herbe givrée.
20h. Nuit. Déjà couché.
L’amour a ses passages avides.
Vivre m’humilie.