Passion griffonnage : quand la préfecture de l'Ariège partait à la pêche aux déserteurs. Pas de gros poisson en vue, on sent que l'employé s'ennuyait un peu.
Registre des deserteurs 1823-1848, AD09.
Passion griffonnage : quand la préfecture de l'Ariège partait à la pêche aux déserteurs. Pas de gros poisson en vue, on sent que l'employé s'ennuyait un peu.
Registre des deserteurs 1823-1848, AD09.
Précisons que ces réfractaires, qui seraient nombreux et bien armés, d'après les autorités locales qui les qualifient de brigands, n'ont pas l'air commodes. Ils sont notamment soupçonnés d'avoir assassiné deux habitants qui auraient voulu les dénoncer. Source : AD44, 2R102.
des zones limitrophes, à la limite des compétences de chaque gendarmerie départementale afin de mieux leur échapper. On retrouve le cas en Deux-Sèvres/Vendée, Lozère/Cantal, etc. Pour y remédier les préfets doivent se coordonner avec leurs voisins. Ce phénomène a l'air assez fréquent début XIXe. 3/3
Contrairement à la carte de Cassini, qui a peut-être servi de modèle, on y trouve indiqué la "ligne de séparation entre les deux départements", ici la Loire-Inferieure et le Maine-et-Loire. C'est important pour les autorités de l'époque car les bandes de réfractaires se réfugient souvent dans ⬇️(2/3)
Un beau travail de cartographie en 1808 à la préfecture de Loire-Inférieure (aujourd'hui Loire-Atlantique) : un "plan du pays occupé par les réfractaires", c'est-à-dire des jeunes qui refusent d'être incorporés dans l'armée. Outre que c'est très joli, on y remarque un détail intéressant ⬇️ (1/3)
Cet employé de préfecture aurait-il voulu être un artiste ? Son ornement de registre est tout mignon, en tout cas (et n'a aucun rapport avec le contenu du dit registre, par ailleurs).
Source : archives départementales de Maine-et-Loire
On notera la gradation sans fin des peines : insubordination -> 5 ans de travaux forcé avec un boulet. Et un vol, en plus? -> On double le temps de la peine. Evasion ? -> On redouble. Menace envers un supérieur? -> On reredouble. Encore une évasion ? - Et bien tu porteras DEUX boulets, maintenant !
Absurde comme j'aime : le soldat sarthois Augustin Gaudin, né en 1817, cumule tellement les insubordinations, vols et désertions, qui augmentent mécaniquement son temps de service, qu'en 1849, l'administration calcule qu'il sera libérable en... 1941. À l'âge honorable de 124 ans, donc.
Source : AD72
Les deux prévenus ont une explication bien plus simple : ils étaient ivres. Leur tapage leur vaut quand même un an de prison pour l'un, deux mois pour l'autre. Source : AD13.
Crier à la fois "vive Charles X" et "vive la république" dans la même soirée, c'est soit que ces deux soldats passant en conseil de guerre en 1834 pour cris séditieux ont une conscience politique assez iconoclaste, soit la découverte d'un étonnant carlo-jacobinisme sous la monarchie de juillet 😅.
Si le sujet vous intéresse, j'ai pas mal d'exemples de situations où les intérêts de l'État (ou en tout cas des préfets) entrent en collision avec des intérêts locaux au sujet de l'insoumission militaire au début du XIXe siècle, avec des maires sanctionnés pour leur permissivité ou leur complicité.
Un maire rural qui a du mal à remplir un tableau pré-imprimé (inversion noms/prénoms) et qui, apparemment, sous réserve de vérification dans l'état civil, cherche à éviter la conscription aux jeunes hommes de sa commune.
Un bon exemple pour la question d'histoire moderne à l'agrégation. ⤵️
Un peu louche : en 1803, le maire d'Ardon (Loiret) ne peut envoyer personne à l'armée. D'après sa liste de conscription, tous ses administrés de 20 ans sont morts.
Soit les Ardonnais n'ont vraiment pas de chance, soit ce maire (vite remplacé) a fraudé peu discrètement pour les protéger.
Source: AD45