Ecoute, on sait reconnaître un appel à l'aide quand on en voit un. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui t'arrive ? On t'écoute, on est là pour toi Fol.
Ecoute, on sait reconnaître un appel à l'aide quand on en voit un. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui t'arrive ? On t'écoute, on est là pour toi Fol.
"Herméneutique du Psaume 23 dans Gangsta Paradise"
"La preuve en est très élégante, mais je n'ai pas la place pour l'écrire..."
Tu ne peux pas te languir, je viens juste de faire un thread !
(Ce qui, pour les lecteurs de Hugo Pratt familiers des Éthiopiques, peut-être tout aussi menaçant, mais je ne pense pas pouvoir projeter l'aura de menace d'un guerrier Beni Amer)
Un peu à la façon d'un plaisantin légèrement criminel célèbre qui indique aux personnes dans sa cellule: "Je ne suis pas enfermé avec vous, vous êtes enfermé avec moi", je pourrai dire: "Vous n'êtes pas en réunion avec moi, nous prenons simplement le thé ensemble."
Je soupçonne qu'il voulait, par des moyens inutilement détourné, pointer du doigt mon éternel, mon fameux, mon irrémédiable dilettantisme. J'en avais été vexé à l'époque; aujourd'hui, je me dis qu'après tout, c'est plus agréable de prendre le thé.
Quand j'étais en hypokhâgne, mon professeur de lettres, dont je ne garde pas tout à fait un excellent souvenir, avait dit de moi en conseil de classe: "C'est très curieux de donner une khôlle à cet élève, on a l'impression de prendre le thé avec lui."
Bref. Aujourd'hui que je fais moins de réunion, que je comprends un peu mieux certains sujets, et que j'ai développé le pouvoir magique de savoir quel sigle retenir et quel sigle peut être légitimemement ignoré, j'opte pour une nouvelle approche du problème.
(À ce sujet, rappelez-moi, la prochaine fois que vous vous languissez d'un thread, de me demander ma théorie personnelle selon laquelle les sigles sont des créatures qui utilisent les humains pour se reproduire)
(Évidemement, je maintenais une attention flottante, pour avoir une vague idée de ce dont on parlait. Mais il faut bien voir que je fais un métier technique, et qu'au début de ma carrière, il y avait encore beaucoup, beaucoup de choses que je ne comprenais pas.)
(That might play a part.)
Tu peux toujours essayer, ça dépend peut-être des couples !
Ce fût l'occasion de beaucoup d'expérimentations. ("Il faut considérer l'aspect légal de la situation", "Je pense que le plus important, c'est d'avoir une stratégie" et "Je pense que [personne haï de son interlocuteur] aimerait beaucoup cette idée" étaient aussi de bons expédients)
Non !
Mais c'est risqué malgré tout. Si la question était: "Pourquoi Félix-Felipe n'est pas là aujourd'hui, tu sais s'il est malade ?", on risque de vous regarder bizarrement, et il va falloir improviser rapidement pour expliquer pourquoi vous êtes, sur le côté, médecin personnel de Félix-Felipe.
Ceci étant, je peux tout de même recommander le très classique: "Je ne sais pas, il faut que j'y réfléchisse plus", qui ne coûte rien, marche tout de même dans beaucoup de cas, et vous donne à peu de frais l'air de ne rien laisser au hasard.
Il faut constituer sa propre collection, qui ne marche qu'en fonction de certains managers, de certaines entreprises, voire même de certaines salles de réunions. (Souvenir d'un collègue sujet au vertige, que personne n'osait interroger lorsque nous étions au dernier étage).
Enfin, "tout le temps", entendons nous. Certains ici s'attendent peut-être à ce que je révèle une espèce de pierre philosophale, et une technique universelle qui permette de ne rien écouter en réunion, où qu'on soit, quoiqu'il arrive. Hélas, je ne détiens pas un tel secret.
Ce doit être parce que pendant les quelques minutes où j'arrive à suivre, je donne cet avis sans qu'on me le demande. Bref, du coup, il me fallait une collection de phrases et de propos que je puisse placer en toute occasion, et qui marcherait à peu près tout le temps.
Il était beaucoup plus divertissant d'essayer de trouver des stratégies de survies à mon incapacité totale à suivre une réunion de près. Or, pour des raisons qui m'échappent complètement, les gens ont une tendance à vouloir mon avis sur des choses.
Je soupçonne que ça a commencé quand j'ai dû me rendre à des réunions. Là encore, fidèle à mon souhait de ne dissimuler la vérité sous aucune forme de fard, je ne prétendrai pas avoir même ESSAYÉ de trouver les réunions intéressantes et stimulantes.
(Enfin ça explique peut-être pourquoi mes études n'ont pas été un grand succès, à la réflexion). Qu'on me donne un texte ou un livre, pas de problème. Mais à l'oral, mes facultés de concentration sont proche du néant absolu, depuis un moment impossible à placer exactement.
Mais la vérité, la sincérité, l'honnêteté et la transparence m'oblige à l'admettre: aujourd'hui, je ne peux que très rarement me concentrer plus de dix minutes d'affilées quand j'écoute quelqu'un. Je ne comprends pas du tout comment j'ai pu faire des études.
(Et c'est dommage, car je pense que mon fantasme de podcast "débat sartorial / grandes questions de la paternité contemporaine / cantates & violoncelles" avec @jjdandrault.eurosky.social serait sans doute un grand succès sur un public de niche de 4 personnes)
(Bon, il y a un troisième scénario où j'envisage le nom du podcast, le jingle, l'angle de mon salon que je choisirai et la veste en tweed qui conviendrait à l'occasion, après quoi je me souviens que j'ai horreur des podcasts et j'arrête de procrastiner.)
Ce qui produit deux résultats possible:
- Ou bien j'arrive rapidement à l'idée: "Mais enfin jamais au grand jamais je ne ferai un podcast avec cette personne", et du coup, à quoi bon répondre ?
- Ou bien je m'aperçois que la thèse adverse se tient très bien, et à nouveau, pourquoi répondre ?
Je peux vous l'avouer: quand je ne suis pas d'accord avec une personne parmi vous, avant de le dire par écrit, j'imagine que je tiens un podcast avec cette personne et je "joue" le débat en entier dans ma tête.
Ah oui, avec des Range Rovers en train de faire des drifts dans le Mordor, je connais.
OK, je resterai sur terre.