« J’entasse du révolu, ne cesse d'en fabriquer et d'y précipiter le présent, sans lui donner le loisir d'épuiser sa propre durée. Vivre, c'est subir la magie du possible ; mais lorsqu'on perçoit dans le possible même du révolu à venir, tout devient virtuellement passé. »
Il y avait cette brume, enroulée sur elle-même, indéfinie. « Moi ! » Le mot sonnait dans sa tête et puis peut-être qu'on pouvait deviner quelque chose comme la pointe sombre d'une pyramide dont les côtés fuyaient, dans la brume. « Ça y est, pensa-t-il, ça y est ! J'en étais sûr : je n'existe pas. »
« Toute cette histoire […] était périmée, révolue : ce futur appartenait déjà au passé. Quelque chose brouillait l’espace et le temps. Et Simon ne réussissait même pas à y définir sa propre situation. Que lui était-il arrivé ? Et quand ? Et où ? »
« GÖDEL. Le temps, c’est comme l’itinéraire d’un train. Les événements correspondent aux différents arrêts. Mais où que tu te trouves, les arrêts suivants sont toujours là. Ils ne disparaissent pas. Et le train roule en boucle. Chaque instant est éternel. »
(2) On utilise inconsciemment une théorie magique de la référence, une théorie qui veut que certaines représentations mentales désignent nécessairement certaines choses et certains types de choses extérieures. »
Il est impossible que cette hypothèse soit vraie car elle est, en un sens, auto-réfutante. […] L’idée que toute cette histoire a un sens résulte de la combinaison de deux erreurs : (1) on prend trop au sérieux la possibilité physique. ⬇️
Hilary Putnam - Raison, vérité et histoire (1984)
« Pourrions-nous, si nous étions des cerveaux dans une cuve, dire ou penser que nous sommes des cerveaux dans une cuve ? […] La réponse est non, nous ne le pourrions pas. ⬇️
« […] il est comme un puit sans fond ; on se penche de plus en plus, à tel point que finalement on tombe, et une fois que l’on est tombé, on tombe toute sa vie sans vivre autre chose que cette chute sans but, jusqu’au jour où on meurt en tombant sans jamais avoir atteint le moindre fond […] »
Le doute méthodique est d’ordinaire le signe d’une bonne santé mentale ; c’est pourquoi des soldats harassés au cœur troublé, ne pouvait le pratiquer. »
La fausse nouvelle est le miroir ou « la conscience collective » contemple ses propres traits. On ne dira jamais assez à quel point l’émotion et la fatigue détruisent le sens critique. C’est la raison pour laquelle la guerre a été si féconde en fausses nouvelles…
Un événement, une mauvaise perception par exemple qui n’irait pas dans le sens, où penchent déjà les esprits de tous, pourrait tout au plus former l’origine d’une erreur individuelle, mais non pas d’une fausse nouvelle populaire et largement répandue…
Mais cette mise en branle n’a lieu que parce que les imaginations sont déjà préparées et fermentent sourdement…
« Une fausse nouvelle naît toujours de représentations collectives qui préexistent à sa naissance ; elle n’est fortuite qu’en apparence, ou, plus précisément, tout ce qu’il y a de fortuit en elle c’est l’incident initial, absolument quelconque, qui déclenche le travail des imaginations…
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Mais cette mise en branle n’a lieu que parce que les imaginations sont déjà préparées et fermentent sourdement…
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Live at Morgenland Festival Osnabrück 2024
Mohannad Nasser – oud & compo.
Basma Jabr – vocals
Albert Sanz – piano
Sergio Martinez – percussion
Peter Somos – drums
Masa Kamaguchi – bass
youtu.be/UnA6jzBZDuc?...
« À quoi sert de vivre, si on ne se sert pas de sa vie pour la choquer contre la mort, comme un briquet ? Guerre - ou révolution, c’est-à-dire guerre encore - il n’y a pas à sortir de là. Si la mort n’est pas au cœur de la vie comme un dur noyau - la vie, quel fruit mou et bientôt blet ? »
Ryder, un célèbre pianiste qui s’égare de plus en plus profondément dans l’espace-temps.
« Du fond du trou, rêveusement, le fossoyeur applique ses fers. On a le temps de vieillir. L’air est plein de nos cris. Mais l’habitude est une grande sourdine. »
« Mais réfléchissez, réfléchissez, vous êtes sur terre, c’est sans remède ! […] La fin est dans le commencement et cependant on continue. Je pourrais peut-être continuer mon histoire, la finir et en commencer une autre. »
« J’affirme que l’homme le meilleur du monde peut, par la force de l’habitude, s’abrutir, se dégrader jusqu’au rang de la dernière bête. Le sang et le pouvoir enivrent : l’abrutissement, la débauche se développent. »
« L’amour est un manteau de poète dont chacun de nous, s’il est quelque peu doué d’imagination, se vêt un jour pour se défendre des frimas d’un univers glacé et s’en aller en Arcadie. »
Joseph von Eichendorff
Scènes de la vie d’un propre-à-rien, 1826
« Nous ne voulons pas conquérir le cosmos, nous voulons seulement étendre la Terre jusqu’aux frontières du cosmos. Nous ne recherchons que l’homme. Nous n’avons pas besoin d’autres mondes. Nous avons besoin de miroirs. »
« L’énigme de l’univers ne sera effleurée ni par la science, ni par la croyance religieuse ; il n’y a pas de vérité à atteindre. Au-delà de cette terre sur laquelle nous vivons, il n’y a ni bonheur, ni châtiment. Le passé et l’avenir ne sont que deux néants. »