Mission Artemis II : la NASA annonce que sa fusée SLS est enfin prête pour un lancement vers la Lune
Janvier et février 2026 n’ont pas été tendres pour le programme Artemis, **qui a subi une suite de contrariétés techniques touchant le SLS** (Space Launch System). Le méga-lanceur est évidemment la fierté de la NASA, mais il a donné quelques bonnes sueurs froides à ses ingénieurs ces deux derniers mois. Talon d’Achille déjà exhibé lors d’Artemis I, la connexion ombilicale alimentant l’étage central en hydrogène liquide a de nouveau cédé durant le _Wet Dress Rehearsal_ du 2 février. Mais les ennuis n’étaient malheureusement pas terminés.
Le 25 février, à peine dix jours avant la fenêtre de tir du mois de mars, le SLS quittait à nouveau le pas de tir pour rejoindre son hangar. Six kilomètres et demi parcourus au pas du _crawler-transporter_ géant pour douze heures de trajet. En cause cette fois : un joint mal positionné dans un dispositif ombilical de l’étage supérieur perturbait l’acheminement de l’hélium, un gaz indispensable au fonctionnement des moteurs et des réservoirs. La NASA n’a pas d’autre choix que de reporter la mission, **le temps d’identifier et de corriger le problème**.
La bonne nouvelle désormais : l’agence a finalement accordé l’autorisation que tout le monde attendait. Le _roll-out_ aura lieu le 19 mars, et le SLS pourra enfin rejoindre de nouveau le pas de tir 39B. Si les essais cryogéniques finaux ne révèlent aucune nouvelle anomalie, **Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen s’arracheront à la pesanteur le 1 er avril**. Une date que l’histoire appréciera, nous l’espérons, à sa juste valeur ou qu’elle oubliera comme un énième retard sur le calendrier d’Artemis.
## L’ultime vérification avant le grand départ
Avant de s’affranchir de l’attraction terrestre et de percer le vide spatial, le SLS devra encore passer l’examen rigoureux baptisé _Flight Readiness Review_(_FRR_). Contrairement aux fusées de SpaceX qui volent très fréquemment, le SLS est une monture rare et extrêmement coûteuse, le FRR est là pour s’assurer que l’on ne gaspille pas des années de travail sur un détail technique évitable. Clôturée hier, elle s’est déroulée sans problème et a permis aux responsables du programme de **donner leur accord pour la suite**.
Deux jours durant, ingénieurs, responsables de programme et experts systèmes ont traqué**tout ce qui pourrait ne pas fonctionner à 384 400 kilomètres de la Terre** , quand il n’y aura plus personne pour intervenir.
Lori Glaze, administratrice associée par intérim de l’agence, a résumé l’état d’esprit général une fois la FRR terminée. « _Nous avons eu des discussions extrêmement approfondies — très ouvertes, très transparentes. Nous avons passé en revue les défis auxquels nous avons été confrontés et la façon dont nous les avons surmontés, et nous avons également abordé le travail restant_ », a-t-elle expliqué. Une déclaration que l’on pourrait traduire de cette manière : « _tout le monde a mis les pieds dans le plat, et c’est exactement pour ça que la FRR est indispensable_ ».
Une fois dans l’espace, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen auront un agenda très chargé. Dix jours, cela peut paraître long, mais **ils n’auront pas le temps de badiner au vu de la liste de tâches qui les attend**. Ce seront eux qui valideront (ou non) le comportement et la manœuvrabilité de la capsule Orion, dans laquelle ils seront installés. Pour la première fois, elle volera avec des humains à son bord, et il faudra également vérifier que ses systèmes de communication tiennent la distance avec Houston. Dernier test, sur lequel l’équipage n’aura pas la main : voir si son bouclier thermique encaissera sans broncher les quelques milliers de degrés lors de sa rentrée atmosphérique.
En théorie, **tout devrait bien se passer** , puisque Orion avait survécu **à son retour de l’espace en décembre 2022, lors d’Artemis I**. Sauf que cette fois, elle ne sera pas vide ; **l’enjeu est donc d’une toute autre nature**. Croisons les doigts pour qu’aucun vent contraire **ne vienne perturber de nouveau le SLS et Artemis**. Retrouvons-nous, si tout va bien, dans très exactement 19 jours. Puissent les dignes héritiers du programme Apollo enfin **clôturer un demi-siècle d’attente** et **récupérer le flambeau de la conquête spatiale** !
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