Quitter la créature est la phase première et, pour nous pécheurs, toujours nouvelle de notre découverte de Dieu. Mais ce n'est vraiment que la première. Le service de la créature, le fait d'être renvoyé par Dieu vers le monde pourrait être la seconde. Mais il y en a encore une troisième ; trouver la créature, la trouver elle-même dans son jaillissement et son autonomie en Dieu, au cœur de ce caractère inexorable, jaloux, consumant de celui qui est tout en tout. Là, en plein milieu, trouver encore cette créature, le petit dans le grand, le circonscrit dans l'incirconscrit, la créature (elle-même!) dans le Créateur : voilà seulement la troisième et suprême phase de notre rapport avec Dieu. Nous qui sommes allés du monde à Dieu, c'est là que nous repartons avec lui qui sort dans le monde. Et nous sommes le plus près de lui là où il est éloigné de lui-même à cause de son amour véritable pour le monde. Si nous sommes là au plus près de lui, c'est que, Dieu étant l'amour, on se rapproche le plus de lui là où il est, par amour pour le monde, le plus éloigné de lui-même.
« La signification éternelle de l’humanité de Jésus pour notre rapport avec Dieu » dans Être homme et le devenir homme de Dieu. Études sur le fondement dogmatique, sur la christologie, l’anthropologie théologique et l’eschatologie, Paris, Éditions du Cerf, 2019, p. 342.
Lisez donc ça, braves passants, ça fait du bien. Et parlons-en si ça vous chante.
#Rahner