Alerte sur la souffrance au travail à OpenEdition
des organisations syndicales siégeant dans les Formations spécialisées Santé
Sécurité Conditions de travail AMU, CNRS DR12, EHESS
À l’attention de :
• Éric Berton, président d’Aix-Marseille Université
• George Linares, président d’Avignon Université
• Antoine Petit, président-directeur général du CNRS
• Romain Huret, président de l’EHESS
• Marie Gaille, directrice de l’Institut national Sciences humaines et sociales du CNRS
• Jérôme Vitre, délégué régional Provence et Corse (CNRS DR12)
• Mme Christine Poplimont, vice-présidente déléguée Arts, lettres, langues et Sciences
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sociales Humaines (Aix-Marseille Université)
Mme Natalia Muchnik, vice-présidente Administration (EHESS)
Les organisations syndicales soussignées alertent les tutelles et employeurs d’OpenEdition
(UAR 2504, Aix-Marseille Université, CNRS, Avignon Université, EHESS) ainsi que la
communauté des sciences humaines et sociales sur la situation particulièrement préoccupante
des conditions de travail au sein de l’unité.
Depuis plus d'une dizaine d’années, des agents et les organisations syndicales alertent sur les
conditions et l’organisation du travail à OpenEdition. Cette situation dégradée a été de nouveau
confirmée par les rapports et les préconisations issus des visites de la F4SCT CNRS DR12 et de
la F3SCT EHESS fin 2024, cette dernière ayant été votée notamment suite à l'absence d'enquête
après le suicide d'une des agentes, et à de nombreux arrêts maladie parmi les personnels, tous
niveaux de responsabilité confondus.
Cette situation persiste sans réel traitement malgré l'arrêt de travail de la directrice de l’unité
depuis début mars 2025. Une réunion avec les tutelles le 30 avril dernier, organisée à la
demande des agent·es de l'unité et en présence de représentant·es des organisations
syndicales, n’a conduit qu’à mettre en place un mode de fonctionnement transitoire pour pallier
l’absence de la directrice, et à une proposition des tutelles de « fonctionner en mode dégradé »
— ce qui est déjà le cas depuis des années — voire « suspendre des services, » qui sont le cœur
de l'activité d'OpenEdition auprès de l'ensemble de la communauté des sciences humaines et
sociales françaises et européennes.
Dans l’intérêt des agent·es, des institutions et des activités à portée internationale
d’OpenEdition il est plus qu’urgent que les tutelles aillent au-delà de la mise en place de
mesures transitoires de gestion courante, qu'elles prennent la mesure du problème structurel
de fonctionnement de cette unité qui présente un haut risque socio-organisationnel, et qu'elles
réalisent un travail de fond en termes d’organisation, de missions et de moyens pour les
accomplir.
L'unité dispose de budgets importants via les appels à projet nationaux et internationaux ; ellea
obtenu des postes de titulaires par les tutelles au fil des années, notamment depuis la première
crise de 2014-2015, tout en conservant une proportion de postes contractuels très élevée. La
réponse apportée en seuls termes de moyens ne peut être satisfaisante et ne suffira pas. En
effet, les alertes demeurent, les titulaires quittent l'unité tout comme les CDD ; de plus, les
projets ne sont pas au service des plateformes mais viennent au contraire se surajouter à
celles-ci, voire en siphonner les équipes.
La structuration de la gouvernance de l'unité est fluctuante et peu transparente, et ses liens
avec les instances décisionnelles des tutelles et du ministère floutent la compréhension des
motifs des décisions prises. Les représentant·es des personnels n'ont par exemple pas réussi à
obtenir les fiches de postes de l'ensemble des chargés de mission de l'unité, malgré plusieurs
demandes dans le cadre des visites des formations spécialisées SST.
Face à la gravité de la situation, nous appelons solennellement les tutelles à prendre leurs
responsabilités en termes de risques psycho-sociaux et de santé au travail et leur demandons
de tout mettre en œuvre pour protéger la santé des agente·es, en commençant par suivre les
préconisations des formations spécialisées. Nous demandons également une réflexion
scientifique et stratégique sur les missions d'OpenEdition en vue d'une reconfiguration qui soit
respectueuse des agent·es et du service qu'iels rendent à la communauté SHS.
Nous ne pouvons accepter un tel écart entre le prestige des plateformes et la qualité du travail
des équipes d'OpenEdition et le traitement toujours à court terme qui en est fait par les tutelles,
malgré plus de dix années d'alertes par les organisations syndicales sur le niveau élevé de
souffrance au travail.
Nous alertons l'ensemble de la communauté SHS sur cette situation et nous restons
mobilisé·es pour suivre et participer à l'action des tutelles et de leurs instances.
Signataires :
CGT FERC Sup AMU.
CGT Ferc Sup EHESS
CGT SNTRS
SNCS-FSU (CNRS)
SUD Éducation
SUD Recherche
Copie à :
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F4SCT CNRS DR12
F3SCT CNRS
F3SCT AMU
F3SCT Avignon
F3SCT EHESS
F3SCT MESR
Conseil Scientifique de l'Institut CNRS Sciences Humaines et sociales
Conseil scientifique de l'Ehess
Conseil scientifique d'OpenEdition
Conseils scientifiques plateformes Books, Calenda, Hypotheses, Journals ;
usagers des plateformes
Alerte des syndicats sur la souffrance à #OpenEdition.
(Disclaimer : je faisais partie des salariés lors de la "première crise en 2014-2015" dont il est question dans ce texte)